La première assemblée générale d’une copropriété neuve
La première assemblée générale d’une copropriété neuve fonde toute la vie de l’immeuble : elle choisit le syndic définitif après mise en concurrence, élit le conseil syndical, vote le premier budget et peut mandater le syndicat pour faire traiter les défauts des parties communes. Elle est convoquée par le syndic provisoire désigné par le promoteur, et chaque copropriétaire peut y faire inscrire ses questions : préparez-la comme un rendez-vous décisif, pas comme une formalité.
Vous venez d’emménager dans une résidence neuve, et voici qu’arrive une convocation : première assemblée générale du syndicat des copropriétaires. Beaucoup d’acquéreurs la découvrent sans savoir ce qui s’y joue. C’est pourtant la réunion la plus structurante de la vie de l’immeuble : les choix qui y sont faits, syndic, conseil syndical, budget, engagements vis-à-vis du promoteur, pèseront des années. Voici comment elle fonctionne, ce qui s’y vote et comment y défendre les intérêts des copropriétaires face au calendrier du promoteur.
À quoi sert la première assemblée générale
Dès que l’immeuble est vendu à plusieurs acquéreurs, le syndicat des copropriétaires existe, régi par la loi du 10 juillet 1965. Mais il fonctionne d’abord avec un syndic provisoire, choisi par le promoteur dans le règlement de copropriété. La première assemblée générale remet les clés de la gestion aux copropriétaires eux-mêmes : désignation du syndic définitif, élection du conseil syndical, vote du premier budget prévisionnel, examen des contrats de l’immeuble, assurance, entretien, ascenseur, et, point trop négligé, organisation du suivi des défauts des parties communes livrées par le promoteur. Chaque décision structure la suite : un syndic subi ou un budget mal calibré se corrigent difficilement en cours de route.
Qui convoque, quand, et sous quelle forme
La convocation revient au syndic provisoire en exercice. Elle doit parvenir à chaque copropriétaire au moins vingt et un jours avant la date de la réunion (décret du 17 mars 1967), avec l’ordre du jour complet et les documents nécessaires aux votes : projets de contrat de syndic, budget prévisionnel, contrats en cours. Vérifiez la date de première présentation du courrier recommandé ou de la notification électronique : un délai non respecté fragilise les décisions prises. Si la convocation tarde alors que la résidence vit depuis des mois sous syndic provisoire, les copropriétaires peuvent la réclamer par écrit : la loi encadre le passage de la gestion provisoire à la gestion choisie.

Le syndic provisoire ne se succède pas à lui-même sans concurrence
C’est la règle clé de l’article 17 de la loi de 1965 : le syndic désigné par le règlement de copropriété ne peut être maintenu dans ses fonctions que par décision de l’assemblée générale, après mise en concurrence préalable de plusieurs contrats de syndic. Les copropriétaires doivent donc avoir en main des propositions alternatives, et pas seulement le contrat du syndic installé par le promoteur. Comparez ligne à ligne : honoraires de gestion courante, prestations incluses, tarifs des prestations particulières, durée du mandat. Rien n’interdit de reconduire le syndic provisoire s’il convainc ; tout interdit de le reconduire par défaut, sans comparaison. Notre article sur le syndic provisoire détaille son rôle et ses limites.
Compléter l’ordre du jour : un droit de chaque copropriétaire
L’ordre du jour n’appartient pas au syndic provisoire : tout copropriétaire peut notifier au syndic, avant l’envoi des convocations, des questions à inscrire. Dans une résidence neuve, les sujets utiles ne manquent pas : état des parties communes et suites données aux constats, point sur les équipements non achevés, choix d’un contrat d’entretien, autorisation donnée au syndic d’agir auprès du promoteur pour les défauts relevés. Une question absente de l’ordre du jour ne peut pas être votée en séance : anticiper l’envoi de vos demandes, par écrit et avec accusé de réception, conditionne votre capacité d’action le jour J.
Les votes qui comptent et leurs majorités
La désignation du syndic se vote à la majorité absolue des voix de tous les copropriétaires (article 25 de la loi de 1965), avec un second vote possible à la majorité simple dans les conditions de l’article 25-1 si le premier échoue de peu. Les membres du conseil syndical sont élus à la même majorité. Le budget prévisionnel s’approuve à la majorité des voix exprimées des copropriétaires présents ou représentés (article 24). Si vous ne pouvez pas assister à la réunion, donnez un pouvoir à une personne de confiance avec des consignes de vote précises : la première assemblée est celle où l’absentéisme coûte le plus cher.

Parties communes neuves : porter les constats à l’assemblée
Halls, escaliers, ascenseurs, toiture, espaces extérieurs : les parties communes se livrent aussi, et leurs défauts suivent le même chemin que ceux de votre logement, à ceci près que c’est le syndicat qui agit. La première assemblée est le lieu où organiser ce suivi : lister les désordres constatés, mandater le syndic pour les notifier au promoteur et suivre les reprises, décider au besoin d’une expertise des parties communes. Notre page sur l’assistance à la livraison des parties communes décrit cette intervention, et notre article sur les défauts apparus après l’emménagement complète le volet privatif.
Se préparer : documents, constats et accompagnement
Avant la réunion, relisez le règlement de copropriété et l’état descriptif de division, parcourez les parties communes avec un œil critique, photographies à l’appui, et comparez les projets de contrat de syndic reçus. Un expert en bâtiment indépendant peut objectiver l’état des parties communes avant le vote des mandats : son constat donne à l’assemblée une base factuelle pour décider quoi notifier au promoteur. Les formules d’intervention de Check my House figurent sur la page tarifs, et notre équipe répond via la page contact pour les configurations particulières, grandes résidences comprises.
FAQ, première assemblée générale
Les questions des copropriétaires d’une résidence neuve avant leur première AG.
Quand la première assemblée générale doit-elle se tenir ?
La loi ne fixe pas de date unique : elle se tient sous l’égide du syndic provisoire, dont le maintien exige une décision d’assemblée. Si elle tarde, réclamez-la par écrit au syndic.
Qui paie les charges avant la première AG ?
Les copropriétaires, sur appels du syndic provisoire : l’immeuble s’entretient dès la livraison. Le premier budget voté en assemblée prend ensuite le relais.
Le syndic du promoteur peut-il rester sans vote ?
Non : l’article 17 de la loi de 1965 exige une décision d’assemblée générale, après mise en concurrence de plusieurs contrats de syndic, pour le maintenir dans ses fonctions.
Qui organise la mise en concurrence des syndics ?
Le conseil syndical s’il existe ; à défaut, les copropriétaires eux-mêmes. Dans une copropriété neuve sans conseil syndical élu, prenez l’initiative de solliciter des devis de syndics.
Comment faire inscrire une question à l’ordre du jour ?
Notifiez-la au syndic par écrit, avec accusé de réception, avant l’envoi des convocations. Une question non inscrite ne peut pas faire l’objet d’un vote en séance.
À quelle majorité se vote le choix du syndic ?
À la majorité absolue de l’article 25 : plus de la moitié des voix de tous les copropriétaires. Un second vote à la majorité de l’article 24 est possible dans les conditions de l’article 25-1.
Faut-il se porter candidat au conseil syndical ?
Dans une résidence neuve, oui si vous le pouvez : le conseil syndical contrôle le syndic, prépare la mise en concurrence et suit les reprises du promoteur. Les premières années sont décisives.
Que faire des défauts des parties communes à l’AG ?
Les lister, les faire inscrire à l’ordre du jour et mandater le syndic pour les notifier au promoteur et suivre les reprises. Un constat d’expert donne une base factuelle au vote.
Je ne peux pas venir : comment peser sur les votes ?
Donnez un pouvoir à un autre copropriétaire ou à un proche, avec des consignes de vote écrites, ou votez par correspondance si le formulaire est joint à la convocation.
Le promoteur vote-t-il à la première AG ?
S’il reste propriétaire de lots invendus, oui, à hauteur de ses tantièmes. Les copropriétaires présents ont d’autant plus intérêt à se mobiliser et à se coordonner.
Le procès-verbal de l’AG est-il important ?
Oui : il fait foi des décisions, des mandats donnés au syndic et des votes de chacun. Vérifiez que les résolutions sur les parties communes y figurent fidèlement.
Peut-on contester une décision de la première AG ?
Un copropriétaire opposant ou défaillant dispose d’un délai de deux mois à compter de la notification du procès-verbal pour contester une décision devant le tribunal.
Un expert peut-il assister les copropriétaires pour les parties communes ?
Oui : il examine les parties communes, dresse la liste des désordres et documente le dossier que le syndic notifiera au promoteur. L’assemblée décide de ce mandat.
Des défauts dans vos parties communes neuves ?
Constat indépendant avant votre première assemblée générale : une base factuelle pour mandater le syndic. Devis immédiat en ligne, ou conseil au 0 805 69 09 69 (appel gratuit), du lundi au vendredi de 9h à 19h.
Sources
- Loi n° 65-557 du 10 juillet 1965, articles 17, 24, 25 et 25-1, legifrance.gouv.fr
- Décret n° 67-223 du 17 mars 1967, legifrance.gouv.fr


















